Des histoires qui s’écrivent en pointillé
Cinéma Lou Regalou à Martel : au cœur d’un village, les souvenirs en suspens
Le Lou Regalou faisait vibrer Martel depuis les années 1950. Un écran où se mêlaient films d’auteur, blockbusters familiaux et rencontres associatives régionales. Mais, confronté au renouvellement nécessaire des équipements techniques, à la baisse de la fréquentation (avec moins de 5 000 entrées annuelles en 2018, selon la CNC), et épuisé par une gestion bénévole, le cinéma a fermé en 2022. Faute de projet de reprise viable – bien que des habitants se soient mobilisés via une pétition –, le bâtiment attend une nouvelle vocation.
À titre d’anecdote, beaucoup de lotois évoquent le souvenir des séances spéciales « cinéma sous les étoiles » organisées par Lou Regalou, quand il fallait pousser les fauteuils dehors l’été, une singularité devenue rare.
Les « salles de fêtes-cinéma » : le casse-tête de la ruralité
Le Lot a longtemps été territoire d’expérimentation d’un modèle hybride : le cinéma porté par des associations dans des salles communales polyvalentes. C’est le cas à Sousceyrac-en-Quercy, où après la pandémie, l’association cinéphile de la salle des fêtes a jeté l’éponge.
- Manque chronique de bénévoles ;
- Obligations techniques (passage au numérique, adaptabilité aux normes PMR : Personnes à Mobilité Réduite) trop coûteuses pour de petites structures.
- Fréquentation divisée par deux post-Covid ;
Ces fermetures entraînent une moindre diversité culturelle pour les villages concernés : selon l'Association des Cinémas de Proximité de France, dans plus d’1 commune du Lot sur 3, la salle de cinéma la plus proche est à plus de 25 km.
Le théâtre de Vaillac : une parenthèse durable ?
Installé dans le superbe décor du Palais Renaissance, le théâtre de Vaillac incarnait un rendez-vous d’été fortement identifié. La fin de son activité « permanente » en 2021, précipitée par le retrait des équipes associatives historiques et l’incapacité, pour la commune, d’assurer seule la gestion des événements, a laissé un vide.
Les festivals ponctuels se poursuivent, mais la programmation à l’année, source de découvertes et de rencontres pour les habitants du Nord-Quercy, ne retrouve pas son souffle initial.